Les signes avant-coureurs

Les alertes négligées

Déjà en 2000, le FBI avait été informé  par une équipe de renseignements militaires de l’existence d’une cellule terroriste basée aux Etats-Unis.

En avril 2001, Ahmad Shad Massoud, spécialiste de la résistance anti Al-Qaïda était intervenu devant le parlement européen à Bruxelles. Dans son discours il faisait état d’informations d’attaques imminentes de large spectre sur le territoire américain. Il fut assassiné par Al-Qaïda deux jours avant les attentats.
Le rapport de la commission montre qu’en juin 2001 la CIA détenait un dossier conséquent indiquant la possibilité d’attentats-suicide, de complots mettant en scène des avions percutant des édifices et d’ attaques contre le Pentagone, le World Trade Center ainsi que d’autres cibles importantes.

On apprend le 4 juin 2002 dans CNN que le Congrès avait été mis au courant par les services secrets américains de ces alertes. Selon les enquêteurs, dans ses plans initiaux, le chef d’Al-Qaïda prévoyait de prendre le contrôle d’une station de lancement de missiles russes pour obliger ainsi des scientifiques soviétiques à lancer une attaque nucléaire contre les Etats-Unis. 
En juillet 2001, J. Cofer Blackt, chef de la  section anti terroriste de la CIA et George Tenet, directeur de la CIA, informaient le secrétaire de la défense de l’intensification d’interceptions de communications secrètes sur le risque d’attaques imminentes venant d’Al-Qaïda contre les Etats Unis. Mais, le secrétaire de la Défense, Donald Rumsfeld nia le bienfondé de ces alertes.
Le 6 aout 2001, lors de la réunion présidentielle quotidienne (The President’s daily brifing ) un des sujets évoqués fut : « Ben Ladin determined to strike in USA » (« Ben Laden est déterminé à attaquer les Etats Unis »). Il était mis en évidence que des cellules terroristes étaient déjà implantées sur le territoire américain avec l’intention de détourner des avions. Le secrétaire de la défense ne jugea pas cependant  opportun d’ouvrir une enquête  … Il  répondit "it wasn't something that we felt we needed to do anything about" ("ce n’est pas quelque chose  à laquelle nous devons accorder de l’importance” ).
Selon le USA Today, daté du 4 juin 2002, les services de renseignements américains auraient intercepté une discussion faisant état d’une attaque terroriste majeure et imminente, la veilles des attentats : « de bonnes choses arrivent »  « demain sera un grand jour pour nous ».

De même, dans les mois précédents les attentats, au moins onze pays ont averti les Etats-Unis de l’imminence d’une attaque terroriste spectaculaire. Parmi eux, des officiels du renseignement israélien affirment avoir alerté les américains de possibles attentats sur des cibles hautement visibles sur le territoire des Etats-Unis. En août 2001, deux agents ont été envoyés à Washington  pour alerter la CIA et le FBI de l’existence d’une cellule contenant jusqu’à 200 terroristes en préparation d’une grande opération. Les services de renseignements égyptiens et talibans avaient également informé le gouvernement américain que le réseau d’Oussama Ben Laden, Al-Qaïda, se trouvait à un stade avancé dans l’exécution d’une opération importante contre une cible américaine. Les français, huit mois plus tôt les alertaient sur l’imminence d’un projet de détournement d'avion américain par Al-Qaïda. Les saoudiens, qui enquêtaient sur la plupart des terroristes auraient pu aider les Etats-Unis s’ils avaient fait appel à eux. Les marocains les avaient mis en garde contre une opération de grande envergure à New York à l’été ou l’automne 2001 … 
Qu’elles soient internes ou externes, toutes ces informations ont été négligées ou sous estimées. Si elles avaient été mises en commun, une telle catastrophe aurait pu être évitée, ou du moins les conséquences auraient pu être limitées. 
Malgré toutes ces alertes les Etats-Unis n’ont pris  aucune mesure de sécurité ou de défense contre une attaque sur leur territoire. La négligence des alertes s’est  traduite par le transfert d’une partie non négligeable de la flotte aérienne militaire loin de  New York et de Washington et par le rejet du ministre américain de la justice, John Ashcroft, d’une demande d’augmentation du budget alloué pour  la lutte contre Al-Qaïda 
Il est probable que la passivité des Etats Unis face à toutes ces alertes soit due à son sentiment d’invulnérabilité.